Une visite du matrimoine de la ville de Besançon
La journée a débuté par une visite du matrimoine de la ville de Besançon, animée par Brigitte Rochelandet, docteure en histoire des mentalités. Ce voyage à travers l’histoire oubliée de la ville nous a permis de découvrir – ou redécouvrir – des figures féminines ayant marqué les XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Colette, Jenny d’Héricourt ou encore Jeanne-Antide Thouret. Trois femmes, trois parcours inspirants et porteurs d’émancipation :
- Colette : « Je veux faire ce que je veux » : cette phrase résume bien la personnalité de cette femme, connue pour son esprit libre et son rôle émancipateur. Femme de lettres, actrice et journaliste, elle est née en 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne). Elle est l'une des romancières les plus célèbres de la littérature française, avec plus de 80 ouvrages publiés. Elle fut présidente de l'Académie Goncourt de 1949 à 1954 et la première femme en France à recevoir des funérailles nationales.
- Jenny D'Héricourt : Née en 1809 à Besançon, Jenny d'Héricourt est une institutrice, docteure en médecine, sage femme et écrivaine féministe révolutionnaire . Elle a joué un rôle public et actif pendant la Révolution de 1848, fondant avec d’autres femmes la Société pour l'émancipation des femmes dont elle est secrétaire. Elle a milité contre les positions misogynes de certains novateurs qui considéraient les femmes comme étant inférieures intellectuellement.
- Jeanne-Antide Thouret : Née en 1765 à Sancey-le-Long, dans le Doubs, Jeanne-Antide Thouret est initiatrice des Sœurs de la Charité de Besançon. Elle fonde en 1799 une école gratuite pour les filles, et considère qu'elles doivent être autonomes et indépendantes financièrement. Elle prend en charge le service de la prison de Bellevaux où elle consent au travail des prisonniers, leur permettant ainsi de recevoir un salaire pour se nourrir.
Une ouverture engagée pour l'égalité
L’événement a été lancé par les interventions de Laetitia Martinez, Vice-Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, et de Florence Bernard, Secrétaire générale adjointe pour les affaires régionales. Toutes deux ont réaffirmé l’engagement de la Région et de l’État en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, et ont souligné le rôle central du Centre Émilie Mottet dans la mise en œuvre de cette ambition.
Un temps ludique dédié au matrimoine régional
Un quiz consacré au matrimoine régional a ensuite été proposé, offrant un moment à la fois ludique et instructif. Dix femmes emblématiques de la Bourgogne-Franche-Comté y ont été mises à l’honneur.
Une rencontre avec les "pépites du territoire"
Une structure par département a présenté un projet innovant en faveur de l'égalité. Nous avons eu le plaisir de découvrir plusieurs projets inspirants :
- Le basket au féminin par Le basket club de Chenôve
- K'Elles Café par K'Elles Energies
- Le projet de lutte contre la précarité menstruelle par Promotion Santé BFC
- Le groupe de parole victimes de violences sexuelles par le Planning familial 71
- La maison de Jeanne
- "Mon corps, ton corps, nos droits" par le CIDFF 89
- Promouvoir les filières scientifiques par Elles bougent
- "Mesdames, Osez les microtechniques" par l'ENSMM
Table-ronde : Genre et école – Comprendre et agir contre la reproduction des inégalités
Animée par Michel Giraud, cette table-ronde abordait le thème de la (re)production des rôles de genre à l'école. Nous avons eu le plaisir d'accueillir :
- Marie Duru-Bellat – Sociologue, professeure et spécialiste des inégalités genrées dans les parcours éducatifs.
- Charles Pilarski – Directeur régional adjoint à l’INSEE, expert en données statistiques sur les dynamiques d’orientation scolaire et professionnelle selon le genre.
- Édith Prost – Juriste au CIDFF 25, animatrice des « classes ambassadrices de l’égalité » et engagée de longue date dans la lutte contre les stéréotypes sexistes.
En examinant de plus près :
- Les choix d’orientation scolaire genrés et leurs conséquences sur leur parcours professionnel,
- Les inégalités salariales et les trajectoires d’employabilité,
- Le rôle de l’école et des interactions pédagogiques dans la reproduction des normes de genre,
- Les leviers de transformation possibles, de la petite enfance à l’enseignement supérieur.