PEP 71

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Association

18 rue du Colonel Denfert 71100 Chalon-sur-Saône

0385438602

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Présentation

Le pôle « Violences Intra-Familiales » incarne notre engagement résolu envers la protection des personnes victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales. En offrant un soutien inconditionnel aux personnes majeures, seules ou avec des enfants, notre mission est de leur assurer une mise à l’abri inconditionnelle.

Nous proposons un accueil social anonyme et gratuit, offrant un espace de refuge et de soutien aux victimes. A travers le réseau VIF ou de centres d’Hébergement et de réinsertion sociale, nous jouons un rôle crucial en offrant un accueil sécurisé, un hébergement ainsi qu’un accompagnement social, éducatif et psychologique aux femmes avec enfants, confrontées à des violences conjugales et/ou intrafamiliales, et en situation de difficulté sociale et psychologique.

Notre priorité est d’offrir un environnement sûr et bienveillant, permettant aux victimes de se reconstruire et de retrouver leur autonomie, dans le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.

 

Présentation des dispositifs Écluse PEP71:

  1. Accueil de Jour et Lieu d’Écoute d’Accueil et d’Orientation (AJ/LEAO)


Le service Accueil de Jour Écluse assure un accueil inconditionnel, anonyme et gratuit de victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales majeures.
L’accueil peut être téléphonique, via la ligne départementale STOP VIOLENCES :
03 85 41 42 42.
L’accueil peut être physique, sur rendez-vous :
•A Chalon sur Saône, dans les bureaux AJ L’Écluse PEP71
•A Louhans, dans les locaux de la MDS
•A Mâcon, dans les bureaux du LEAO Écluse PEP71
L’Accueil de Jour Écluse est un lieu d’accueil rassurant et convivial qui propose selon les besoins des personnes :
•Un espace d’écoute et de soutien
•Des informations et orientations
•Un accompagnement social et psychologique
•Des ateliers collectifs à Chalon

 

2. L’hébergement d’urgence (HU):


Le dispositif Hébergement d’Urgence est un service dont la mission est la mise à l’abri inconditionnelle, de personnes majeures, seules ou avec des enfants, victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales.
Le service Hébergement d’Urgence se situe à Chalon sur Saône et Mâcon. L’établissement a une capacité d’accueil de 5 familles, hébergées dans des logements diffus, équipés et meublés à (4 à Chalon sur Saône et 1 à Mâcon).
Pendant le séjour, afin de répondre au mieux aux besoins et attentes des ménages, le service Hébergement d’Urgence propose un accompagnement social assuré par un travailleur social référent.
L’entrée à l’Hébergement d’Urgence doit faire l’objet d’un appel au 115.


3. L’Hébergement d’Insertion (HI / ALT):

 

Trois hébergements diffus meublés et équipés sur le mâconnais dédiés aux femmes victimes de violences conjugales/intrafamiliales, avec ou sans enfant, permettant un accompagnement social des bénéficiaires afin de faciliter l’insertion dans un logement, sur orientation par le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation (SIAO). L’accueil nécessite a minima un titre de séjour et l’ouverture de ressources pour participer financièrement aux dépenses liées au logement. Contrat de 6 mois renouvelable une fois.


4.Le Centre d’Hébergement et d’Réinsertion Sociale (CHRS):


Le Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale Écluse propose un hébergement équipé et meublé en diffus sur le chalonnais, et un accompagnement social, éducatif et psychologique à des femmes avec enfants, victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales, en difficulté sociale et psychologique.
Il s’agit d’un accompagnement temporaire (contrats de 6 mois renouvelables) dont la durée varie selon les besoins des familles accueillies et de l’avancée de leur projet. L’orientation doit être faite par un travailleur social via le SI-SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation)
L’établissement est agréé pour accueillir 34 personnes. Il est conditionné à minima à un titre de séjour et des ressources (participation financière à hauteur de 10% des ressources du ménage)


5. L’intermédiation Locative (IML):

 

Le service IML Écluse est un dispositif d’accompagnement au logement destiné à des ménages ayant besoin d’un soutien temporaire pour accéder à un logement autonome, après la validation de l’orientation par le SI-SIAO (faite par un travailleur social). Il s’adresse à des personnes majeures, avec ou sans enfants, victimes de violences conjugales et/ou intrafamiliales, ayant des ressources. Il intervient sur l’ensemble du département de Saône et Loire. Le service recherche un logement en fonction des besoins de la famille, le loue, et lui sous-loue. Un projet d’accompagnement est construit avec le ménage bénéficiaire, en fonction des besoins identifiés ensemble :
• Accompagnement administratif
• Accompagnement budgétaire
• Aide à l’appropriation du logement, et au bon voisinage
• Accompagnement des démarches dans le cadre des VIF
• Orientation vers les structures locales, spécialisées et/ou de droit commun selon les besoins d’étayages repérés


6. Les Intervenantes Sociale en Commissariat et Gendarmerie: 

 

Un accueil social pour toute victime de violences conjugales et/ou intrafamiliales au sein même des Commissariats et des Gendarmeries. Deux Intervenantes Sociales au Commissariat et en Gendarmeries (ISCG) sur le territoire du Mâconnais- Beaujolais Agglomération et une Intervenante Sociale en Gendarmerie (ISG) sur le Grand Charolais-Brionnais. Les dispositifs ISG/ ISCG répondent à une volonté d’apporter, en temps réel, un soutien, une aide et une orientation aux personnes victimes, en fonction des besoins évalués à leur accueil. Ainsi, ces personnes peuvent être soutenues dans leurs démarches avec pour objectif de faire évoluer le plus favorablement possible leur situation, même dans les cas où aucune procédure judiciaire ne serait en cours.
L’ISG-ISCG peut également intervenir dans le cadre de la préparation du dépôt de plainte et assurer une présence physique auprès de la victime lors de son audition. Leurs missions impliquent une étroite collaboration avec les services de police et de gendarmerie, sur la base des orientations et des informations recueillies dans le respect de la déontologie de chacun, des obligations légales, des valeurs républicaines et de laïcité. L’ISG ou ISCG entretient des relations continues avec les partenaires sociaux et médico-sociaux, médicaux, juridiques, réseaux VIF, et élus du territoire concerné et peut également être sollicitée par l’ensemble de ces partenaires.

 

Actions menées

La paire-aidance au sein du Pôle Violences Intrafamiliales des PEP71

Au sein du Pôle Violences Intrafamiliales, il existe depuis de nombreuses années des espaces de paroles pour les femmes accompagnées par l’Ecluse, quel que soit le dispositif dont elles relèvent.


Le groupe de parole :

 

Il s'agit d'un espace d’expression collective. L’objectif est de favoriser la reconstruction et le renforcement des compétences psychosociales des femmes qui y participent. Il a été expérimenté en 2020 avant COVID puis proposé de manière régulière (une fois par mois) à partir de janvier 2021 et plus récemment, étendu à 2 fois par mois (lundi matin et vendredi soir).
Ce groupe est transversal à tous les dispositifs de l’Ecluse, les femmes qui souhaitent y participer s’y retrouvent à des moments différents de leur parcours. C’est un espace d’écoute et d’expression, il permet de sortir d’un isolement, d’échanger sur des émotions, de s’approprier son histoire en en faisant un récit, et de s’appuyer sur les ressources de chacune sur le principe de la pair-aidance. L’objectif est de permettre la libre circulation de la parole, afin de favoriser le processus de restauration de chacune ; se reconnaître dans l’histoire de « l’autre » est souvent un puissant levier.
Le groupe de parole est animé par une éducatrice spécialisée et la psychologue. Elles en sont « les facilitatrices ». Leur rôle est d’en garantir le cadre (sécurité, respect, confidentialité), de proposer une écoute active et bienveillante, d’encourager l’expression par le biais de reformulations, valorisations, questionnements, mais aussi en respectant certains silences qui sont des moments de cheminements personnels et d’intégration.


Les cafés-causettes:


Il existe également des « café causette », lieu d’expression libre des femmes accompagnées par les dispositifs d’hébergement de l’Ecluse PEP71, dans une ambiance conviviale (l’Écluse offre le café, le thé, et les personnes accompagnées apportent des gourmandises). Cet espace, nous avons pu le constater à plusieurs reprises, permet aux personnes d’échanger, de se conseiller, de proposer son aide, de créer des liens (échanges de numéros…). Il est aussi synonyme de pair-aidance, de renforcement de pouvoir d’agir et développement de ressources et compétences. Les cafés causettes s’organisent en moyenne 4 à 5 fois par an. Le RDV est fixé sur un temps scolaire, permettant aux femmes de venir librement. Les enfants non scolarisés sont les bienvenus.


Le groupe pair-aidance:


Au-delà des espaces de paroles existants où les personnes accompagnées peuvent échanger entre pair, en présence de l’équipe éducative, nous avons pensé à un autre groupe, spécifiquement sur la pair-aidance, un groupe formalisé en ce sens.
Ce groupe émane de plusieurs constations et recensements :
-Le constat de l’intérêt et de l’impact de ces espaces sur les personnes accompagnées. Les personnes s’échangent des numéros lors des rencontres collectives et se voient à l’extérieur. Elles se rencontrent pour discuter, pour se soutenir dans la garde des enfants par exemples. La proximité des hébergements et souvent des relogements par la suite permettent d’inscrire ce lien social dans la durée.
-Les personnes sortantes font de leur vécu une force et un combat. Certaines expriment le souhait et parfois le besoin, de pouvoir continuer à s’investir à l’Ecluse
-Des orientations sur l’Accueil de Jour, Lieu d’écoute d’Accueil et d’Orientation, de la part de personnes ayant été accompagnées par l’écluse
-Les réactions des personnes arrivant sur un des dispositif, constatant qu’elles ne sont pas « seule à vivre des violences »


La pair-aidance permet de proposer à toute personne le souhaitant, au cours de son accompagnement, « une possibilité de soutien global d’un tiers ayant connu ou connaissant une situation similaire et ayant acquis une connaissance issue d’un vécu expérientiel. Elle repose sur la transformation de l’expérience en connaissances et compétences construites à partir d’un vécu, permettant d’accompagner et de soutenir des personnes confrontées à des réalités similaires. Elle peut représenter un espoir pour la personne dans une perspective de rétablissement » - HAS


Le projet :


Nous avons donc réfléchi en équipe et co-construit un projet avec des femmes ayant bénéficié d’un accompagnement par le pôle VIF :
« Nous pouvons trouver un grand soutien auprès de personnes ayant vécu une expérience similaire. Nos pairs peuvent amener des solutions, en plus de nous encourager ».
L’idée étant de mettre en place des personnes ressources qui viendraient soutenir le travail éducatif en témoignant et soutenant les personnes victimes, notamment pour favoriser le bien-être immédiat et ouvrir les perspectives de mieux-être à long terme.
« Si je viens, ça montre aussi que l’écluse c’est sécurisant car on s’attache à ça pour soutenir les autres personnes. »
« Quand on arrive ici, on a besoin de quelqu’un dans la même situation. On tourne en rond et on ne sait pas. C’est doucement, en parlant, qu’on va faire avancer les choses. Témoigner de son passé et montrer que l’on peut avancer, ça c’est important ».
Lorsque les personnes vivent des violences intrafamiliales, elles peuvent avoir le sentiment d’être seules avec leurs ressentis, se trouver démunies pour faire face au quotidien qu’elles n’arrivent plus à supporter. Dans ces situations, échanger avec des personnes qui vivent une expérience équivalente, ou l’ont vécue par le passé, peut-être d’une grande aide. Leur parler, ou bien échanger des messages avec elles, peut permettre de comprendre ce qui leur arrive et de trouver du soutien.
La paire-aidance se fonde sur le partage de l’expérience de chacune. La personne échange avec les autres sur la compréhension de sa situation et la recherche de solutions aux problèmes qu’elle rencontre.
La paire-aidance viendrait, à ce titre, en complément de l’accompagnement social global proposé par les professionnelles formées et ne se substituent pas aux entretiens avec la psychologue de l’Ecluse et groupes de paroles encadrés par cette dernière.
La rencontre, à deux ou à plusieurs, aura lieu par exemples
Lors des actions collectives : prévention, café causette, CVS …
En dualité, en entretien extérieur ou dans les locaux de l’Ecluse si besoin
Partager son vécu avec d’autres permet de leur apporter à la fois du soutien et une source d’espoir. Cela donne aussi l’opportunité de valoriser son expérience et les savoirs acquis, en lien avec le parcours réalisé, ce qui est gratifiant. Il s’agit de l’entraide.
L’entraide permet de sortir de l’isolement dans lequel le cycle de la violence peut enfermer. Cette dynamique rassure sur le fait que nous ne sommes pas seules à vivre ou avoir vécu une telle expérience. Les échanges ouvrent la perspective d’un mieux-être et d’une orientation sur un dispositif adapté. En effet, la paire-aidance commence parfois avant même l’intégration sur un dispositif d’hébergement. Communiquer, conseiller, transmettre : qu’il existe des structures adaptées pour l’accompagnement des personnes victimes de violences.
« Il y a des femmes que je vois avant qu’elles arrivent ici. C’est à elles de décider je ne peux pas décider à leur place, mais elles mettent ça dans un coin de leur tête ».
« Tu prends ta décision, toi, ce n’est pas moi qui vais te faire sortir. Qu’est-ce qui te bloque, toi, pour sortir de chez toi ? Ce n’est pas facile de sortir. »
L’entraide entre pairs repose sur :


-Le partage réciproque d’expériences,
-Le non-jugement,
-L’échange d’informations,
-Le soutien
-La projection sur un après possible
-En complément, la paire-aidance vient respecter les valeurs des PEP71 et projet d’établissement de l’Ecluse.


Les pair-aidantes peuvent informer et répondre aux questions des personnes (en fournissant leur numéro de téléphone). Elles peuvent aussi accompagner une personne, dans le cadre d’un suivi avec l’Ecluse, nommé comme personne de confiance.
Ainsi, une nouvelle arrivante sur un dispositif d’hébergement de l’Ecluse peut nouer une relation de confiance avec une paire-aidante en différentes occasions. Son écoute et ses conseils peuvent l’aider à l’engager dans un parcours dit de « rétablissement ». Elles peuvent en effet se reconnaître dans les difficultés qu’elles ont affrontées et espérer trouver, à leur tour, un équilibre de vie satisfaisant.
Elles peuvent aussi, mieux comprendre les perspectives et rêver à un avenir.
Renforcer le lien de confiance avec les professionnels et renforcer le pouvoir d’agir des personnes accompagnées
-Expliciter dans un jargon propre ce que sont nos dispositifs sans pour autant en déformer la réalité


-Créer du lien social et rompre l’isolement
-Être conseillée sur les partenaires à solliciter, ce qui a fonctionné ou non
-S’assurer des droits et devoirs de la personne accueillie, et permettre à la personne d’oser demander sans attendre d’être questionnée
-Permettre la traduction lorsque la barrière de la langue est un frein dans l’accompagnement
-Rappeler les différents types de violences et ne pas minimiser les faits


« Parfois les femmes m’appellent pour que je leur explique, redise les choses pour être sûre d’avoir bien compris, réexpliquer ce qui a pu être dit en français par les professionnels de l’Ecluse. Elles ont confiance en l’Ecluse et n’ont pas besoin de venir vérifier les informations mais bien comprendre. »


Pourquoi le « rétablissement » ?


C’est l’action de rétablir de ce qui avait cessé : les droits fondamentaux, la dignité, l’équilibre familial, le bien-être personnel, la reconnaissance, la liberté d’expression et d’opinion, la sécurité, la santé, la paix …
Rester conscient du parcours à venir et des blessures passées sans pour autant oublier de vivre.
« La violence physique j’ai oublié, morale je m’en souviens encore »
« Montrer qu’il y a des choses de bien qui vont arriver. La vérité c’est que tu vas être heureuse, tu vas être bien. Oui tu vas pleurer, ça va être difficile mais on réussit ».
« Il faut qu’on vive la vie »


Après avoir formaliser ce projet par écrit, nous avons recueilli les besoins des personnes. Elles savent mieux que quiconque ce qui a leur a manqué, ce qu’il faut améliorer, ce dont une victime a besoin.
Il a été également rappelé que la pair-aidance ne venait pas se substituer à l’accompagnement des professionnelles mais vient en complément, et seulement si la personne ressource se sent disponible. Il est important de savoir mettre des limites, savoir dire non, de théoriser le schéma des violences et l’impact qu’il a, d’identifier ses propres limites, et de réorienter vers les professionnelles.


Ainsi, durant l’année 2024, nous avons travaillé avec un groupe de 8 femmes, pour préparer et organiser leurs rôles de pair-aidantes.
Nous leur avons proposé une formation deux demi-journée sur les violences intrafamiliales, les différents types de violences, les identifier, que dire à une victime, comment orienter, …
Nous avons également proposé des jeux, notamment sur l’emprise, pour évaluer la sortie de l’emprise de la paire-aidante et pour qu’elles-mêmes évaluent ce qu’est l’emprise.
Ce temps de co-construction est nécessaire avant de s’engager réellement et concrètement comme pair-aidante.


Nous avons défini des axes de travail pour l’année 2025:


-Construction d’un livret avec personnes ressources à destination des personnes accompagnées par les dispositifs de l’écluse
-Prospection d’outils adaptés dans les lieux (pharmacies, banques …)
-Participer à des actions de prévention en apportant des témoignages


Le groupe pair-aidance est systématiquement invité sur les évènements collectifs en transversalité.
Les temps dédiés au groupe pair-aidance permettent également aux personnes de faire part de leurs questionnements, inquiétudes, accompagnements ou orientations réalisées, difficultés ressenties ou satisfaction …


Les professionnelles restent vigilantes à l’état émotionnel des personnes (aidantes / aidées), maintiennent un lien régulier, restent joignables et disponibles. Il s’agit de bénévolat et non d’un travail.


Chaque personne dispose des numéros des deux professionnelles qui encadrent le groupe.
Une rétrospection reste nécessaire pour faire évoluer le projet en fonction des observations et constats.